En cette fin de siècle des Lumières, La Pérouse fait partie de ses hommes, après Bougainville et Cook, qui vont petit à petit permettre à la navigation de devenir une science où tout se calcule. Des savants et le roi Louis XVI participent à la mise au point des instructions avec un double objectif : scientifique mais surtout politico-économique avec la possibilité d'ouvrir la Chine et le Japon au commerce dont notamment celui des pelleteries.

Il faut avoir à l'esprit que la découverte de certaines îles est récente grâce à des navigateurs tels Bougainville (île Bougainville, la plus grande des îles Salomon ), Cook (les îles Sandwich (archipel des Hawaii), la Nouvelle-Calédonie, l'exploration de la Nouvelle-Zélande, la côte orientale de la Nouvelle Hollande (l'Australie) ). La Pérouse, lui-même, s'exclame : " M. Cook a tant fait qu'il ne m'a plus laissé qu'à admirer son œuvre ! " La connaissance hydrographique va faire un grand bond dans cette deuxième moitié du XVIIIème, conséquence des progrès scientifiques et techniques. Les calculs de latitude sont plus précis, de même pour les longitudes avec l'utilisation des horloges marines. Les navires sont plus imposants et plus solides, on y embarque de grandes quantités d'eau, des gréements de rechange. Il faut aussi ajouter les progrès sensibles dans la prévention du scorbut avec les apports de la croisière de l'amiral Anson. Ce dernier note l'importance d'utiliser des agrumes dans la prévention de cette maladie. Tout cela va permettre de lancer de grandes expéditions et de lever la plupart des interrogations sur l'océan Pacifique. C'est dans ce contexte que la Pérouse part en voyage de découverte pour quatre ans minimum sur ordre du roi Louis XVI.